Roche a annoncé des résultats intermédiaires positifs de l'essai de phase III IMAgINATION montrant que son traitement expérimental, sefaxérsène, réduit de manière significative la protéinurie chez les adultes souffrant de neuropathie primaire à IgA (NPIA) après 37 semaines. L'étude a atteint son critère d'évaluation principal, les patients ayant reçu séfaxérsène ayant une réduction cliniquement significative du taux 24 heures de protéine urinaire par rapport à la créatinine (UPCR) par rapport au groupe placebo. La protéinurie est un indicateur clé du dommage rénal et sa diminution est très liée à la préservation de la fonction rénale à long terme. Le traitement est administré par injection sous-cutanée une fois par mois, permettant aux patients de s'auto-injecter. Roche a souligné que le profil de sécurité reste conforme aux données précédentes, sans nouvelle préoccupation de sécurité identifiée.
La neuropathie d’IgA, également appelée maladie de Berger, est une maladie rénale auto-immune chronique et progressive affectant au moins 25 adultes par million dans le monde. Jusqu’à 50 % des patients diagnostiqués développent une insuffisance rénale terminale dans les 20 années suivant la découverte de la maladie, ce qui nécessite généralement la dialyse ou une transplantation. Cette affection se caractérise par la dépôt de complexes immunitaires dans les reins, activant le parcours alternatif du complément et entraînant une inflammation et des dommages. Les traitements actuels ciblent principalement les effets secondaires, tels que le contrôle de la pression artérielle et la réduction de la protéinurie, mais ne prennent pas en compte les mécanismes médiés par l’immunité qui y sont à l’origine.
Sefaxersen est un oligonucléotide inversé conçu pour inhiber la production du facteur de complément B dans le foie, bloquant ainsi un facteur clé du dommage renal dans l'AIN. En réduisant les taux élevés de facteur de complément B, sefaxersen diminue les taux de protéine urinaire, pouvant ralentir la progression de la maladie. L'étude IMAgINATION a enrôlé 459 participants randomisés selon un ratio 1 : 1 entre le sefaxersen et le placebo. Le critère principal d'évaluation était la variation de l'URCP par rapport à la normale à 37 semaines. L'étude sera poursuivie jusqu'à la 105e semaine pour évaluer les variations du taux de filtration rénale estimé (eGFR), avec des données intermédiaires attendues à un prochain congrès médical et partagées avec les autorités sanitaires.
Le directeur médical de Roche, Levi Garraway, a souligné le potentiel de sefaxersen pour modifier les indicateurs de la fonction rénale, offrant une nouvelle option thérapeutique permettant de retarder la dialyse ou la transplantation. Ces résultats correspondent aux recommandations mises à jour de KDIGO 2025, qui mettent l'accent sur la nécessité de thérapies ciblant à la fois les causes d'origine immunitaire et les dommages renais ultérieurs. Bien que de nouveaux traitements aient étendu les options disponibles, les besoins non satisfaits persistent, notamment en ce qui concerne une meilleure préservation à long terme des reins et des approches plus ciblées pour modifier la maladie.
Roche a obtenu la licence de sefaxer-sénase chez Ionis Pharmaceuticals pour les maladies liées au complément. La société travaille actuellement sur un portefeuille plus large d'interventions visant le système immunitaire, notamment dans le cadre de maladies pulmonaires chroniques, de maladies inflammatoires de l'intestin, de lupus, de maladies rénales auto-immunes et de dermatite atopique. Ces résultats constituent un premier pas vers l'atténuation du terrible poids que représente l'IgAN pour les patients, leurs familles et les systèmes de santé.










