Le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, ont rencontré jeudi à Téhéran leur homologue iranien, Abbas Araqchi, afin de proposer un cadre en plusieurs étapes, visant à apaiser les tensions dans le golfe Persique. Cette proposition comprend la création d'un corridor maritime temporaire conjoint entre l'Iran et Oman, par le détroit d'Ormuz, et la tenue d'un projet conjoint d'assainissement du canal, selon des responsables qui ont été informés des discussions.
Cette campagne se déroule au moment où les États-Unis intensifient les pressions économiques sur l'Iran dans le cadre de leur «Opération Economic Outcast», après la campagne militaire «Opération Epic Fury». La secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a affirmé jeudi que aucune négociation n'était actuellement en cours avec Téhéran, ajoutant que l'administration maintiendra sa position jusqu'à ce que le régime iranien manifeste sa volonté d'engager de véritables négociations. «Nous avons eu l'Opération Epic Fury pour détruire ses forces armées. Maintenant, nous avons l'Opération Economic Outcast pour détruire son économie», a déclaré Mme Leavitt, soulignant que Washington n'a pas encore observé de telles négociations.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a qualifié les mesures actuelles prises par les États-Unis de «guerre économique totale», soulignant que les divisions internes alimentent les objectifs adverses. Le chef de la Commission de la sécurité nationale du Parlement iranien, Ebrahim Azizi, a décrit les dernières sanctions américaines comme un «act inhumain et hostile», affirmant qu'elles avaient perdu leur effet prévu. Une autorité iranienne non nominée a également qualifié les dernières sanctions de «guerre économique totale».
Le détroit d’Hormuz reste un point sensible crucial, et l’Organisation maritime internationale a recensé 70 incidents depuis le début des hostilités le 28 février, porteurs de 19 décès d’équipages. Avant le conflit, un cinquième de l’offre mondiale de pétrole circula dans le détroit. L’Iran a conservé le contrôle de la voie navigable, en l’utilisant à la fois comme un point de blocage stratégique et comme une source de revenus en percevant des taxes aux navires qui y transitaient. Téhéran a lié la réouverture du détroit à des conditions stipulées lors d’un cessez-le-feu provisoire en juin, notamment la levée des sanctions, le paiement de dommages-intérêts et l’élimination des blocages portuaires imposés par les États-Unis.
La Garde révolutionnaire iranienne a annoncé être parvenue à un accord avec Oman sur la répartition des revenus générés par le détroit, bien que des détails restent à finaliser. Ce blocage survient après un mémorandum d'accord conclu en vain entre les États-Unis et l'Iran en juin, accord qui a brièvement mis fin aux hostilités après des mois de conflits ayant causé la mort de milliers de personnes, principalement en Iran et au Liban.












