Le contrat d'option futures sur le Brent a baissé de 3,59 dollars, ou 3,9 %, pour se clôturer à 88,58 dollars le baril, ce qui représente la plus faible clôture depuis le 14 août. Le WTI américain a baissé de 2,65 dollars, ou 3,1 %, à 82,36 dollars, soit la plus faible clôture depuis le 13 août. Ces baisses font suite à une baisse plus ample du marché du pétrole, les deux références se clôturant à plus de 3 % en baisse pour la session.
Le recul a suivi l'annonce d'amendements aux sanctions américaines contre l'Iran par le secrétaire du Trésor Scott Bessent lundi, près de six mois après le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran le 28 février. Ces mesures ont été qualifiées de campagne de pression économique, Bessent ayant refusé de préciser les pays ciblés ou les délais d'application, affirmant que des délais de conformité seraient accordés. Les analystes ont souligné que le passage d'une confrontation militaire à des sanctions avait atténué une partie de la prime de risque sur le marché du pétrole, Ole Hansen, directeur de la stratégie des produits de base chez Saxo Bank, estimant que l'annonce américaine était « moins incisive que ce que certains traders attendaient ».
L'activité de navigation dans le détroit d'Hormuz, zone stratégique pour le trafic pétrolier mondial, a continué de diminuer. Seulement deux tankers ont transité dans le détroit lundi, le taux quotidien le plus faible de navires de cargaison depuis début mai, selon les données de suivi. Cette baisse de la circulation seProduit dans un contexte d'intensification des tensions, notamment en raison d'une circonstance survenue mardi, où un tanker a été touché par un projectile d'identité inconnue et a été mis hors de combat à environ neuf milles nautiques au nord-est de Ash Shishah (Oman), comme le soulignait Britain Maritime Trade Operations.
L'Iran et l'Omman ont discuté mardi d'une proposition concernant un "corridor temporaire de navigation conjoint" dans le détroit d'Hormouz et d'un plan visant à déminer la voie navigable, même si aucune solution immédiate aux coupures de trafic maritime n'a été confirmée. En attendant, la Chine, le plus grand acheteur de pétrole iranien, a réaffirmé que sa coopération avec Téhéran respectait le droit international et ne devait pas être entravée.
Les participants au marché ont averti que la baisse des prix du pétrole mardi avait pu être une réaction excessive à l'annonce des sanctions. Ritterbusch and Associates, un conseiller en négoce pétrolier, a prévenu que le marché pourrait osciller considérablement à la hausse si l'Iran réplique par des frappes militaires sur des installations américaines au Moyen-Orient. Tim Waterer, chef analyste de marché chez KCM, a souligné que l'Iran conserve la capacité de perturber le transport maritime et que cela continue d'engendrer une prime de risque résiduelle dans le prix du pétrole, malgré l'allègement récent des tensions géopolitiques.
Le détroit d’Hormuz représente historiquement environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, ce qui souligne les risques persistants de pénurie, alors que les volumes de transit actuels restent historiquement faibles.












