L'économie mondiale a absorbé plus résolument que prévu le choc énergétique provoqué par le conflit iranien, a annoncé mardi le Fonds monétaire international (FMI). Avant la réunion des ministres des finances du G20 en Caroline du Nord, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a souligné que la fermeture temporaire du détroit d'Hormuz, initialement prévisible pour perturber les marchés de l'énergie, avait des répercussions limitées en raison des rejets stratégiques de réserves de pétrole et de gaz, d'une demande plus faible et d'une augmentation de la capacité en énergie renouvelable.
Georgieva a mis en garde contre la complaisance, soulignant que le choc énergétique n'est pas terminé. Les prix du pétrole brut Brent, qui avaient flambé pour dépasser 118 $ le baril au printemps, se sont depuis repliés entre 80 et 90 $ le baril. Avant l'escalade intervenue en fin février entre les États-Unis et l'Iran, les prix étaient restés autour de 70 $ le baril. Une nouvelle flambée des coûts de l'énergie pourrait redéclencher des pressions inflationnistes, ce qui pourrait impérativement inciter les banques centrales à maintenir ou à augmenter les taux d'intérêt, ce qui accroîtrait les charges de service de la dette et limiterait la croissance économique.
La dirigeante du FMI a également mis en évidence l'accroissement des tensions budgétaires dans plusieurs pays, décrivant un bras de fer entre les effets persistants de la crise énergétique et la vague d'investissements impulsée par l'intelligence artificielle. Elle a exhorté les gouvernements à mettre en œuvre des plans de consolidation budgétaire crédibles, sans préciser de nom de pays particulier. Le rendement des obligations d'État américaines à 30 ans a grimpé la semaine dernière au plus haut niveau depuis 1994, reflétant une inquiétude croissante quant à la soutenabilité à long terme de la dette.
Pour faire face aux déséquilibres structurels, Georgieva a réitéré son appel à ce que les pays réduisent les trop grosses différences dans le commerce mondial qui exacerbent les tensions. Elle a souligné la nécessité pour la Chine de rééquilibrer son modèle de croissance vers la demande intérieure plutôt que de compter sur une expansion à l'initiative des exportations. Le FMI prône depuis longtemps ce changement pour atténuer les frictions commerciales.
Georgieva n’a pas dévoilé de nouvelles prévisions économiques, mais a réaffirmé la projection du FMI, publiée en juillet, d’une croissance mondiale de 3,0 % en 2026, en baisse par rapport aux estimations précédentes, et a mis en garde contre les risques supplémentaires associés au conflit en cours au Moyen-Orient. La prochaine mise à jour des perspectives du FMI est prévue pour la mi-octobre, lors des réunions annuelles à Bangkok.












