Un mouvement de vente généralisé sur les marchés obligataires s’est intensifié lundi, avec les rendements des Treasuries américains qui ont atteint leurs niveaux les plus élevés depuis 2025. Le rendement de l’obligation à 2 ans a atteint 4,354 %, tandis que celui de l’échéance à 10 ans progressait à 4,780 % et celui de l’obligation à 30 ans à 5,273 %. Cette hausse reflète l’inquiétude croissante des investisseurs face à une inflation persistante et aux risques géopolitiques.
En Europe, les rendements des obligations d’État allemandes ont également augmenté. Le rendement du Schatz à 2 ans a grimpé à 2,936 %, son plus haut niveau depuis juillet 2024, marquant une cinquième séance consécutive de hausse. Le rendement du Bund à 10 ans a bondi à 3,352 %, un niveau inédit depuis 2011, tandis que celui de l’échéance à 30 ans a atteint 3,841 %, également un plus haut depuis 2011. En France, le rendement de l’OAT à 10 ans a progressé à 4,15 %, le plus haut depuis novembre 2008.
Au Japon, les rendements obligataires ont également fortement augmenté. Le rendement de l’obligation d’État à 10 ans (JGB) a atteint 3,000 %, un niveau inédit depuis fin 1996. Le rendement du JGB à 2 ans a établi un record à 1,800 %, illustrant la fermeté de la Banque du Japon dans sa politique monétaire face aux pressions inflationnistes.
Cette chute des obligations fait suite à une escalade des tensions au Moyen-Orient au cours du week-end, marquée par des frappes militaires directes entre les États-Unis et l’Iran dans le golfe Persique. Des échanges de missiles ont visé des sites sur l’île de Larak, tandis que des représailles ont frappé des bases américaines en Jordanie. Les cours du pétrole brut ont franchi la barre des 90 dollars le baril, alimentant les craintes inflationnistes et renforçant les anticipations d’un durcissement des politiques monétaires.
Les marchés monétaires attribuent désormais une probabilité de 60 % à une hausse des taux de la Réserve fédérale de 25 points de base lors de la réunion du 16 septembre, contre des estimations antérieures plus basses. La Banque centrale européenne (BCE) devrait, selon les attentes, relever ses taux lors de sa réunion du 10 septembre, tandis que la Banque du Japon fait face à une pression croissante pour durcir davantage sa politique.
Kevin Warsh, président de la Fed, a réaffirmé lors du symposium de Jackson Hole que les banquiers centraux « ont encore du travail » pour maîtriser l’inflation. Les prochaines publications de données économiques, notamment l’indice des prix à la consommation (CPI) de la zone euro pour août et le rapport JOLTS sur les offres d’emploi aux États-Unis pour juillet, seront particulièrement scrutées avant la publication des chiffres de l’emploi non agricole (NFP) de vendredi.
Cette hausse généralisée des rendements reflète un changement d’humeur des investisseurs, les marchés intégrant une posture monétaire mondiale plus restrictive face à une inflation tenace et à une incertitude géopolitique persistante.












