Les banques coopératives régionales allemandes font l'objet d'un nouveau contrôle après que la Volksbank Brawo ait révélé des baisses potentielles de valeur de ses actifs et ait indiqué qu'elle pourrait demander un soutien au fonds de secours mutualisé du secteur.
La banque de Braunschweig, qui s'est développée, sous l'impulsion de son ancien directeur général Jürgen Brinkmann, en plus de 15 ans, pour devenir un groupe diversifié dans le secteur de la finance, de l'immobilier et de l'investissement, figure parmi une dizaine de banques coopératives en Allemagne qui se sont tournées vers leurs pairs à la recherche d'aide ces dernières années. La hausse des taux d'intérêt, l'accroissement du nombre de défauts d'emprunteurs et la revalorisation des actifs de base à faible rendement ont révélé des vulnérabilités dans le secteur.
La situation de Volksbank Brawo fait suite au départ de Brinkmann en mai, marquant la fin d'une longue période durant laquelle l'institution s'est transformée en un vaste réseau composé de centaines d'entreprises. La déclaration publique de la banque laisse supposer qu'elle pourrait devoir reconnaître des déprÉciations sur certains actifs et envisager de recourir au fonds de solidarité du secteur coopératif.
Le système bancaire coopératif, promu par la DZ Bank, joue un rôle pivot dans le paysage financier allemand. L'année dernière, le bilan combiné du secteur s'établissait à 1,7 trillion d'euros, ce qui est supérieure au bilan de 1,4 trillion d'euros de la Deutsche Bank. Plus de 650 banques coopératives contribuent à un mécanisme de soutien mutuel ayant versé au moins 1 milliard d'euros d'aide à des partenaires en difficulté au cours des dernières années.
Les réformes du secteur approuvées en juin ont pour objectifs de renforcer le contrôle et de permettre des interventions plus rapides lorsque les banques font face à des difficultés financières. DZ Bank, l'institution centrale des banques coopératives allemandes, prévoit que ses contributions au fonds de sauvetage doublera à près de 117 millions d'euros cette année, contre 59 millions d'euros en 2015.
Le volume des actifs en difficulté transférés au véhicule dédié du secteur bancaire, BAG Bankaktiengesellschaft, a atteint 1,2 milliard d'euros l'année dernière, soit le plus haut niveau en plus de deux décennies, en forte augmentation depuis environ 230 millions d'euros en 2024.
Malgré les difficultés, le secteur du banquement coopératif reste rentable, réalisant un bénéfice avant impôts de 11,6 milliards d'EUR en 2025, contre 9,7 milliards pour Deutsche Bank. Ce contraste souligne l'envergure et la résilience du secteur, alors même que les différentes institutions luttent contre des pressions de plus en plus fortes.












