Les prix du gaz naturel européen ont bondi à leurs niveaux les plus élevés en près de trois ans lundi, animés par l’escalade des tensions géopolitiques dans le Golfe Persique et la restriction des conditions d’approvisionnement. Le contrat d’avenir TTF au gaz hollandais a progressé à 74,32 euros le mégawattheure (MWh), tandis que le prix du gaz de gros de la National Balancing Point (NBP) britannique a atteint 183,95 pence le therm, tous deux atteignant des sommets non observés depuis 2023.
Ce rassemblement intervient après une série d’escalades militaires dans la région, comprenant des frappes contre des sites du Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) et des attaques de missiles de représailles contre des bases aériennes américaines en Jordanie. Le détroit d'Ormuz, une route de transit cruciale pour le gaz naturel liquéfié (GNL), a vu le trafic maritime commercial se réduire à une fraction des niveaux d'avant le conflit, ce qui menace environ 20 % des expéditions mondiales de GNL par voie maritime – principalement en provenance du Qatar.
Le président américain Donald Trump a annoncé des menaces d'action militaire « plus sévère », y compris d'éventuelles frappes contre l'installation d'exportation de l'île Khoragh en Iran, ce qui a encore accentué les inquiétudes en matière de capacités d'approvisionnement. Ces perturbations géopolitiques ont exacerbé les tensions régionales déjà existantes, notamment les fortes vagues de chaleur de l'été dans le sud de l'Europe, qui ont stimulé la demande en électricité alimentée au gaz, les travaux d'entretien routiniers sur les pipelines en mer en Norvège et les retards dans les livraisons de GNL du Qatar, qui ont limité les taux d'injection dans les réservoirs tout au long du mois d'août.
Les taux d'occupation des installations de stockage souterraines en Europe restent en-dessous des moyennes saisonnières, et ces installations sont remplies à environ 62% de leur capacité. Le contexte particulier de l'offre a également contribué à des pressions inflationnistes plus amplifiées, l'inflation de base de la zone euro ayant accéléré en août pour atteindre 3,3 %, portée par une hausse de 14,3 % sur un an des composantes énergétiques. L'inflation de base s'est toutefois légèrement détendue, à 2,4 %.
Les analystes notent que la combinaison des risques géopolitiques et des contraintes de l'offre structurelle a poussé les prix du gaz en Europe au-delà des niveaux observés lors du pic du conflit au Moyen-Orient en 2023. Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne doit se réunir le 10 septembre, et les acteurs du marché étudient attentivement les éventuelles implications macroéconomiques de la hausse des prix de l'énergie.












