L'euro a légèrement reculé par rapport au dollar mardi, baissant de 0,09 % à 1,1654 après avoir manqué le seuil de 1,1700 à l'ouverture de New York. La paire avait atteint un sommet de quatre jours à 1,1711 fin la semaine dernière, conduit par la faiblesse générale du dollar plutôt que par la force spécifique de l'euro, avant de changer de direction. Ce recul s'est prolongé sur trois sessions, la monnaie unique étant restée au-dessus du soutien de tendance à court terme en dépit du rebond.
L'indice du dollar a regagné terre, atteignant 99,07, en hausse de 0,1 % sur la journée, après avoir chuté à 98,55 le 22 août – son niveau le plus bas depuis mi-mai. L'indice se situe toutefois 2,8 % en dessous de l'extrême valeur atteinte fin juillet, à 101,40, une baisse qui a pris corps sur une période de quatre semaines. La récente avancée de l'euro, qui a représenté 2,51 % au cours du mois dernier, s'est arrêtée près du plus haut de l'été et a laissé le couple essentiellement stable sur l'année à +0,14 %. La remontée du dollar reflète le recouvrement des positions à la hausse avant deux événements clés : la publication des données sur les dépenses de consommation personnelle (PCE) aux États-Unis jeudi, et le symposium de la Réserve fédérale à Jackson Hole vendredi.
D'après l'analyse, le déplacement du dollar est dicté par des actions tactiques plutôt que par un renversement de sa tendance générale à la baisse. La structure technique de l'indice – des sommets et des fonds inférieurs qui se produisent depuis fin juillet – soutient ce point de vue, avec des signaux oscillants indiquant une modération de la baisse mais aucun renversement. Le rebond a fait monter le dollar d'environ un demi pour cent, une évolution conforme aux positions courtes déjà importantes soldées par les traders plutôt qu'à une modification des attentes de taux.
L'analyse souligne que la résurrection du dollar favorisée par le recouvrement des positions de vente se détaille généralement une fois le déclencheur passé sans aucune surprise hawkisée. En revanche, une résurrection propulsée par une réaffectation du taux d'intérêt de la Fed deviendrait probablement durable. Le mouvement du mardi présentait les éléments caractéristiques de la première option : volume minimum, blocage proche de 99,10 et non-violation du niveau de support à court terme de l'euro. L'analyse indique que la proportion de 57,6% de l'euro dans l'indice du dollar implique que l'EUR/USD et l'indice évoluent souvent en sens presque inverse. Si l'indice du dollar ferme de nouveau au-dessus de 99,50, l'euro pourrait tester la barre de 1,1577, tandis qu'une hausse au-dessus de 100,00 mettrait en cause l'ensemble de l'avancée de la monnaie unique réalisée en août.
La première baisse du dollar a été déclenchée par une annonce des Trésors publics américains hors du calendrier le 19 août, qui a doublé le volume des opérations de rachat d'enveloppes de liquidités dans les segments à 10 et 30 ans, en vigueur du 9 septembre au 4 novembre. L'extension de ce programme, financée sur le Compte général des Trésors, signalait un changement de politique budgétaire qui a été interprété par le marché comme un rééquilibrage des notations plutôt que comme une stratégie de différentiel de taux. Pendant la même période, le rendement des Trésors américains à 10 ans a atteint un niveau record de 5,247 % en 19 ans, soulignant encore davantage les dynamiques de crédit souverain en jeu.
Les données allemandes publiées mardi n'ont pas apporté beaucoup de soutien à l'euro, malgré une lecture du climat des affaires plus forte que prévu. L'indice du climat des affaires Ifo est monté à 88,8 en août, ce qui constitue son plus haut niveau en un an, et toutes les composantes de l'indice ont dépassé les attentes. L'optimisme dans le secteur manufacturier s'est nettement renforcé, tandis que les services et le commerce ont aussi montré des signes de stabilisation. Toutefois, la réaction de l'euro a été mineure, évoluant à proximité de 1,1660 immédiatement après la publication. L'analyse suggère que les marchés des devises se concentrent actuellement sur les développements fiscaux aux États-Unis et les risques liés à la politique de la Fed plutôt que sur les données de la zone euro.
Le PMI flash de l'eurozone pour août contiendrait un changement structurel, avec des commandes d'exportations devenues positives pour la première fois depuis février 2022. Cette évolution, enfouie sous un mouvement de headline modeste, pourrait signifier l'amélioration des dynamiques commerciales du bloc. Dans le même temps, la confiance des consommateurs en France révisée à la baisse est demeurée inférieure aux prévisions en août, à 86, contre une prévision de 87, tandis que la confiance des consommateurs de la zone euro a rester elle profondément négative à -15,5 en août.
L’analyse place l’environnement de Jackson Hole dans une situation de test de la demande structurelle du dollar, dans un contexte de divergence des trajectoires des banques centrales. La BCE serrage les bancs de la tire et la Fed a suspendu son signalement, créant ainsi une différence d’intérêt qui pourrait dominer les trois prochaines semaines. Le rebond du dollar sera durable selon que cette tendance résulte d’une positionnement ou d’une réévaluation de la politique de la Fed.












