L’euro a progressé lundi jusqu’à son plus haut niveau face au dollar en huit semaines, les investisseurs réévaluant les perspectives de politique monétaire de la Réserve fédérale à la lumière d’attentes croissantes d’un assouplissement imminent des taux.
L’EUR/USD a atteint 1,0885, son plus haut depuis le 27 mars, prolongeant une série de trois jours de gains qui a fait progresser le cours d’environ 1,5 % depuis les plus bas de mi-avril. Le repli généralisé du dollar reflétait les paris de plus en plus marqués en faveur d’un assouplissement monétaire plus précoce que prévu par la Fed, après des données américaines sur l’emploi et l’inflation plus faibles qu’attendu ces dernières semaines.
Les anticipations de marché lundi indiquaient une probabilité d’environ 70 % d’une baisse de 25 points de base des taux de la Fed d’ici septembre, selon l’outil FedWatch de CME Group. Ce chiffre contraste avec un peu plus de 50 % il y a un mois, les traders pariant de plus en plus sur un virage vers un assouplissement monétaire.
Les gains de l’euro ont également été soutenus par des signes de résilience économique dans la zone euro. Les premières données du bloc ont montré que l’inflation s’est maintenue à 2,4 % en glissement annuel en avril, tandis que les commandes à l’industrie en Allemagne ont rebondi plus que prévu, atténuant les craintes d’un ralentissement plus marqué dans la première économie européenne. La Banque centrale européenne devrait commencer à baisser ses taux en juin, ce qui pèse également sur l’avantage de rendement de l’euro par rapport au dollar.
Les rendements des obligations d’État américaines ont reculé sur toute la courbe, avec le taux à 10 ans qui est tombé sous les 4,5 % pour la première fois depuis début mars, reflétant ce changement d’attentes. Le rendement à 2 ans, plus sensible à la politique de la Fed, est descendu à 4,83 %, contre environ 5,05 % il y a une semaine.
Les investisseurs se tournent désormais vers une série d’indicateurs économiques américains cette semaine, dont l’indice ISM des services mercredi et les créations d’emplois non agricoles vendredi. Ces publications pourraient soit confirmer les attentes d’une baisse des taux en septembre, soit inciter à une réévaluation si les chiffres s’avèrent plus solides que prévu.
Les analystes de Goldman Sachs ont souligné que, bien que la Fed reste dépendante des données, les risques penchent désormais en faveur d’un assouplissement plus précoce. « La tendance des données américaines sur l’inflation et le marché du travail est cohérente avec une Fed plus accommodante », a indiqué la banque dans une note adressée à ses clients. « Nous voyons une baisse en septembre comme de plus en plus probable, mais la trajectoire dépendra des prochaines publications. »
L’indice large du dollar, le DXY, a reculé de 0,2 % à 105,12, approchant son plus bas niveau depuis fin mars. Le yen s’est également affaibli, avec l’USD/JPY en hausse de 0,3 % à 156,75, les opérateurs attendant de nouveaux signaux de la Banque du Japon.
Les traders surveilleront de près les discours des responsables de la Fed cette semaine, y compris ceux du président Jerome Powell, à la recherche d’indices sur le calendrier des ajustements de politique monétaire.



