La Banque du Japon est prête à accélérer son cycle de resserrement monétaire, la majorité des économistes prévoyant une hausse des taux de 25 points de base, à 1,25 %, lors de sa réunion de septembre, selon un sondage de Reuters effectué entre le 17 et le 24 août.
Cinquante-sept pour cent des répondants, soit 33 sur 58 économistes, s'attendent à ce que la banque centrale augmente son taux directeur le mois prochain, ce qui représente une forte augmentation par rapport aux 5% seulement observés lors d'un sondage réalisé en juillet. Cette mesure ferait suite à la décision prise par la BOJ en juin de relever les taux à leur niveau le plus élevé en trois décennies, soit 1 %, marquant un changement par rapport à sa politique ultra-laxiste de longue date.
Près des deux tiers des analystes, soit 35 sur 54, prévoient que le taux directeur atteindra au moins 1,5 % à la fin du mois de mars 2025. Environ 60 % des répondants estiment que le taux pourrait atteindre au moins 1,75 % à la fin du troisième trimestre 2027, et la moitié des personnes interrogées considèrent 1,75 % comme le taux terminal. En outre, 36 % des participants prévoient que le taux terminal sera de 2 % ou plus, contre 23 % lors du sondage du mois précédent.
L'accélération prévue dans la politique de durcissement reflète un regain de préoccupations concernant la persistante dépréciation du yen et les pressions inflationnistes liées aux tensions géopolitiques, y compris le conflit américano-israélien avec l'Iran. Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a également signalé son soutien à une politique monétaire plus restrictive au Japon, selon les réponses des répondants.
Le Japon et les États-Unis ont récemment mené une intervention conjointe exceptionnelle pour soutenir le yen, après que la monnaie ait chuté à des niveaux record depuis 40 ans. Toutefois, 89 % des économistes interrogés ont déclaré que les politiques fiscales du Premier ministre Sanae Takaichi, notamment les baisses d'impôts et la hausse des dépenses, devaient vraisemblablement accentuer la faiblesse du yen. Plus des deux tiers des répondants ont décrit cette intervention conjointe comme inefficace, ou seulement légèrement efficace, pour faire face aux pressions sous-jacentes.
Ayako Fujita, chef économiste pour la Japonie chez JPMorgan Securities, a souligné que les marchés avaient déjà intégré une hausse de taux en septembre, avertissant que retarder cette mesure pourrait destabiliser les conditions financières. Kyohei Morita, chef économiste chez Nomura Securities, a ajouté que la trajectoire budgétaire du gouvernement risquait d'enterrer les prévisions d'inflation et de miner la crédibilité de la politique de la Banque du Japon, surtout si les financements pour les allègements fiscaux restent incertains.
Les résultats de l'enquête soulignent un consensus croissant selon lequel la BOJ devra maintenir une trajectoire de renforcement plus agressive pour contenir l'inflation et stabiliser le yen, malgré les défis économiques potentiels liés à la montée des coûts d'emprunt.












