Les salariés de Volkswagen ont critiqué la communication externe de la direction comme étant «catastrophique», invoquant la profonde anxiété qui a prévalu dans l'entreprise vis-à-vis des plans de réduction des coûts.
Ces critiques ont été expressées dans un message publié sur l'intranet du comité d'entreprise, que Reuters a examiné. Le comité avait demandé à ses employés, via internet, la semaine précédente, de préciser leurs vues sur les futures dispositions en matière de retraite, les conditions de licenciement et l'avenir des usines de Hanovre, d'Emden, de Zwickau et de Neckarsulm. Oliver Blume, le PDG de VW, doit s'adresser aux salariés lors d'une assemblée d'entreprise extraordinaires à Wolfsburg mardi, et d'autres réunions sont prévues mercredi à Emden et Zwickau.
Dans un entretien sur intranet publié vendredi après-midi, alors que de nombreux employés avaient déjà jeté l’ancre pour le week-end, M. Blume a décrit la situation comme «plus que critique». Il a noté que la marge bénéficiaire de 3,8 % du groupe, bien que satisfaisante dans les circonstances actuelles, ne suffit pas à générer des fonds suffisants pour les nouvelles technologies, le développement des produits et la durabilité des sites. Il a exhorté les employés à soutenir les mesures de réduction des coûts à venir, affirmant que «les prochaines semaines sont cruciales : tout le monde doit se mobiliser».
Le comité d'entreprise a souligné également le manque de précision de M. Blume concernant l'avenir des quatre usines concernées ou les possibles réductions d'emplois. M. Blume avait déjà annoncé des projets de réduction de la capacité de production européenne de 500 000 véhicules par an, invoquant des perspectives non compétitives pour les usines d'Emden, Hanover, Zwickau et Neckarsulm au-delà de 2030. Il a souligné que les frais d'occupation continuent d'être 30 % plus élevés que ceux de concurrents, et que le chiffre souvent cité d'environ 50 000 réductions d'emplois à l'échelle mondiale n'est pas un objectif fixe, mais plutôt un point de référence indicatif obtenu à l'issue d'une analyse de la compétitivité par rapport aux coûts.
Les tensions internes croissantes soulignent les défis auxquels fait face le plus grand constructeur automobile européen dans le contexte d'une transformation accrue, dans un environnement de pressions relatives aux coûts structurels et de demandes de marché en évolution.












