Les actions des grands constructeurs et fournisseurs automobiles nord-américains ont reculé lundi après que l'ancien président américain Donald Trump ait menacé d'imposer des droits de douane de 50 % sur les véhicules et les pièces automobiles canadiens, signalant une potentielle perturbation du modèle de production intégré du continent.
La proposition vise l'Ontario, un nœud important pour l'industrie automobile, et Trump a déclaré que les États-Unis "ne s'attendent plus à avoir beaucoup de commerce avec l'Ontario". Les tarifs existants touchent déjà 20 milliards de dollars de biens canadiens, et l'extension exacerberait la tension dans les relations commerciales transfrontalières qui ont soutenu la production automobile nord-américaine depuis trente ans.
Magna International, le plus grand fournisseur canadien de pièces d'automobile avec un revenu de 42 milliards de dollars et une capitalisation boursière de 18,0 milliards de dollars, a vu son cours de Bourse chuter de 7,19 % à 67,80 $. La société, basée à Aurora, en Ontario, exploite d'importantes installations de fabrication qui fournissent des composants aux usines d'assemblage américaines. Sa marge nette s'établit à 2,0 % au cours de son exercice le plus récent, alors que son chiffre d'affaires a baissé de 1,9 % par rapport à l'année précédente, tandis que son ratio dette/capital s'est élevé à 53,5 %.
Ford Motor, identifiée comme la plus vulnérable parmi les grands constructeurs automobiles en raison de son usine d'assemblage d'Oakville, en Ontario, qui produit les modèles Bronco Sport et Maverick, a chuté de 3,33 % pour s'établir à 13,93 $. La capitalisation boursière de l'entreprise est de 55,6 milliards de dollars, avec une marge nette de -4,4 % et un ratio dette/actif de 461 %, le plus élevé du groupe. Les indicateurs techniques indiquent également un positionnement de vente, avec l'indice de force relative (RSI) à 46,7.
General Motors, qui exploite plusieurs installations au Canada, notamment l'Usine d'assemblage d'Oshawa et le centre de fabrication de propulsion de Saint-Catharines, a baissé de 1,08 % à 86,98 $. La capitalisation boursière de l'entreprise est de 76,3 milliards de dollars, avec un marge nette de 1,5 % et un ratio dette/actionnaire de 215,3 %. Malgré la baisse, les indicateurs techniques restent bullish sur les graphiques quotidiens et hebdomadaires.
Stellantis, société mère de Jeep, Ram et Dodge, a vu ses actions chuter de 3,51 % à 5,22 $, ce qui porte la baisse annuelle à 53,8 % et la baisse sur un an à 47,4 %. La capitalisation boursière de la société est de 15,0 milliards de dollars, avec une marge nette de -14,6 % et un ratio dette/actionnaires de 85,9 %. Les indicateurs techniques sur tous les horizons ont signalé de fortes conditions de vente, avec un RSI quotidien à 40,8 et un RSI hebdomadaire à 33,8.
Les analystes avertissent que des droits de douane de 50 % sur les véhicules et les pièces canadiennes pourraient forcer les constructeurs à réévaluer leurs chaînes d’approvisionnement, ce qui pourrait entraîner des coûts plus élevés, une réduction de la compétitivité et un déplacement des sites de production. Cette mesure marquera une escalade significative de la politique commerciale, avec des conséquences pour les secteurs de l’automobile américain et canadien.












