Les gouvernements du monde entier resserrent les restrictions relatives à l'accès des enfants aux médias sociaux, invoquant les risques pour la santé mentale et la sécurité en ligne comme justification de changements réglementaires approfondis.
L'Australie est devenue le premier pays à mettre en œuvre une interdiction générale, en application d'une loi entrée en vigueur le 10 décembre 2025, qui bloque les plateformes comprenant TikTok, YouTube, Instagram et Facebook pour les utilisateurs de moins de 16 ans. Les entreprises non conformes risquent des amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens (34,9 millions de dollars américains). Cette mesure fait suite à une hausse de l'alarme concernant le harcèlement en ligne, l'exposition à du contenu nocif et l'impact psychologique des médias sociaux sur les jeunes utilisateurs.
En Europe, des propositions avancent au niveau national et au niveau du bloc. La Grande-Bretagne prévoit d'adopter une interdiction pour les moins de 16 ans d'ici Noël, avec une mise en œuvre prévue pour le printemps 2027. Cette politique obligera les géants technologiques tels que Apple et Google à mettre en place des systèmes de vérification de l'âge capable de bloquer le partage d'images nuës par les mineurs, tout en permettant aux adultes de partager ce type de contenu dans des conditions vérifiées. La plus haute cour de justice de la France a cependant bloqué un projet de loi semblable en août, invoquant des préoccupations liées à la liberté d'expression, malgré l'approbation du Parlement en juillet.
L'Union européenne a adopté une loi sur l'équité numérique visant à limiter les pratiques de conception addictives, tandis que le Parlement européen a appelé à une interdiction à l'échelle de l'UE des plates-formes en ligne, des sites de partage de vidéos et des compаньons IA destinés aux enfants de moins de 16 ans sans le consentement des parents. La résolution propose également une interdiction stricte pour les enfants de moins de 13 ans. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a souligné en mai la protection des enfants comme une priorité.
De l'autre côté de l'Océan, le sénateur américain Ted Cruz a annoncé en mai son soutien à la Kids Online Safety Act, qui oblige les entreprises technologiques à exercer une « vigilance raisonnable » pour éviter des préjudices aux mineurs. Ce projet de loi fait l'objet d'un examen constant en parallèle des lois existantes, comme la Children's Online Privacy Protection Act, qui limite la collecte de données auprès des utilisateurs de moins de 13 ans sans autorisation parentale. Les lois concernant le consentement des parents au niveau d'un État ont fait l'objet de contestations légales sur le fondement de la liberté d'expression.
D'autres juridictions adoptent des approches variées. La Chine applique un programme de « mode mineur » avec des restrictions au niveau des appareils, tandis que le Danemark prévoit d'interdire les médias sociaux aux moins de 15 ans, bien que les parents puissent accorder un accès limité. La Malaisie a interdit aux individus de moins de 16 ans de créer un compte, et les Émirats arabes unis ont fixé 15 ans comme âge minimum pour l'utilisation des médias sociaux, devenant ainsi le premier pays arabe à adopter cette mesure.
Les défenseurs de la protection des enfants affirment que les mesures de sécurité en vigueur, telles que les règles des plateformes qui exigent que les utilisateurs aient au moins 13 ans, restent insuffisantes, faisant référence à des preuves de la création de comptes par des mineurs sur une large échelle. Cette pression reflète un mouvement mondial plus général vers l’instauration de mesures d’âge plus strictes en matière de numérique, même si des obstacles juridiques et techniques persistent dans l’équilibre entre la protection et les droits des utilisateurs.












