Les rendements des obligations d’État canadiennes ont reculé vendredi, après la publication de données américaines sur l’inflation, moins élevées que prévu, qui ont tempéré les attentes d’un durcissement monétaire plus marqué de la Réserve fédérale.
Le rendement de l’obligation canadienne de référence à 10 ans est passé à 3,75 %, contre 3,82 % en fin de séance jeudi, reflétant un mouvement plus large sur les marchés mondiaux des titres à revenu fixe. Ce repli fait suite à la publication des données sur l’indice des prix à la consommation (IPC) américain, qui a montré un ralentissement de l’inflation annuelle à 3,2 % en octobre, en dessous de la prévision de 3,3 % des économistes. L’IPC sous-jacent, hors alimentation et énergie, a également reculé, passant de 4,3 % en septembre à 4,1 %.
Ces chiffres ont renforcé les anticipations des marchés selon lesquelles la Fed pourrait marquer une pause dans son cycle de hausse des taux, voire envisager un assouplissement plus précoce que prévu. Les contrats à terme indiquaient une probabilité d’environ 85 % que la Fed maintienne ses taux inchangés lors de sa réunion de décembre, contre environ 70 % une semaine plus tôt.
Au Canada, la Banque du Canada (BoC) maintient son taux directeur à 5,0 % depuis juillet, justifiant cette décision par des pressions inflationnistes persistantes. Toutefois, le ralentissement de l’inflation américaine a nourri les spéculations selon lesquelles la BoC pourrait suivre la même voie si les tensions sur les prix continuent de s’atténuer. L’inflation canadienne, mesurée par l’IPC, s’élevait à 3,8 % en septembre, en baisse par rapport au pic de 8,1 % enregistré en juin 2022, mais restant supérieure à l’objectif de 2 % fixé par la banque centrale.
Le repli des rendements obligataires s’est étendu à l’ensemble de la courbe canadienne, avec le rendement à deux ans tombant à 4,50 %, contre 4,58 % la veille. Ce mouvement a fait écho à des baisses similaires des rendements des Treasuries américains, qui ont également reculé à mesure que les investisseurs réévaluaient la trajectoire des taux d’intérêt.
Les analystes ont souligné que si la réaction immédiate était tirée par les données américaines, la tendance plus large des rendements canadiens reflétait une combinaison de conditions économiques locales et d’anticipations de politique monétaire mondiale. Le dollar canadien, souvent corrélé aux mouvements des Treasuries américains, est resté relativement stable, s’échangeant autour de 1,38 pour un dollar américain.
Ce changement de dynamique des rendements intervient dans un contexte d’incertitude croissante sur le calendrier et l’ampleur des ajustements de politique monétaire. Les investisseurs surveilleront de près les prochains indicateurs économiques, notamment les ventes au détail et les données sur l’emploi au Canada, pour déceler de nouveaux signaux sur l’orientation de la politique monétaire.



